
"L’acheminement d’une eau courante par un aqueduc n’a pas été prévu à l’origine de la ville. L’
aqueduc de Fréjus serait daté de la fin du 1er s. ap.J.C. Prenant naissance au pied du village actuel de
Mons où il captait la Siagnole, à sa source, à 515 m d’altitude il est avec 42 Km, un des plus longs de la Narbonnaise, avec Arles (48 Km) et Nîmes (50 Km).
Entre le captage et la
vallée du Reyran, il formait essentiellement un canal aux bords et au fond maçonnés, couvert de voûtes ou de dalles, dont l’eau descendait la pente en épousant les sinuosités. La pente générale peut être estimée à 1,2 % (altitude de 515 m à la source et de 34 m au château d’eau) et le débit à 25 000 m3 par jour.
Dans la vallée du Reyran, l’aqueduc devient monumental et présente des ponts-aqueducs considérables.
Techniciens, géomètre, niveleurs, ingénieurs étaient capables de s’acquitter du difficile travail du relevé topographique et d’établissement d’un tracé en pente régulière.
La pierre utilisée était extraite au plus près des besoins et présente des natures différentes. L’utilisation majoritaire de roches dures explique le bon état de conservation des parements.

À son arrivée sur la ville, l’aqueduc rejoint la
Porte de Rome puis utilise l’enceinte romaine sur une longueur de 650 m, ce qui constitue un fait rarissime.
Il se termine au Castellum (château d’eau), situé au point culminant de la ville, en haut de la rue du Bel Air, château d’eau qui alimentait les fontaines, nymphées (fontaines monumentales), thermes et villas publics ou privés ainsi que les égouts de la ville.
Plusieurs vestiges de l’aqueduc sont encore visibles aujourd’hui, comme le canal de la
Roche Taillée, les
Arches Sénnéquier, celles du parc de la
Villa Aurélienne ou encore les piliers et les arches de la
Porte de Rome pour ne citer que les plus connus."